Résumé de Kerckhove

De Démocratie.

Dans cet article Derrick de Kerckhove, directeur du programme McLuhan en culture et technologie de l’Université de Toronto, pose quatre questions essentielles à la compréhension de ce qu’est la cyberdémocratie et propose pour chacune d’entre elles, des pistes de réponse.

1- Existe-t-il dans les réseaux une qualité ou une propriété essentiellement démocratique ?

Pour de Kerckhove, la force du Web est qu’il confère aux usagers un pouvoir de domination sur le langage car pour lui, avant même le rapport de force entre les personnes, le vrai pouvoir tient à la parole et à sa diffusion. Il nous rappelle qu’Internet, tout comme les SMS ont un pouvoir non négligeable notamment dans les démocraties en émergence de part leur instantanéité et leur accessibilité.

2- Internet confère-t-il de nouveaux pouvoirs aux institutions ?

Oui, dans la mesure où le Web facilite l’accès au service public d’une part et contribue d’autre part à une plus grande transparence des États et des entreprises.

3- Quelles sont les frontières de la cyberdémocratie ?

De Kerckhove nous rappelle ici que si, traditionnellement, la démocratie s’exerce au sein d’une communauté définie et unie par ses lois et ses institutions, l’avènement du Web force les chercheurs à redéfinir la notion de communauté voire celle d’espace public. Ainsi si, pour Jean-Claude Guédon, professeur à l’UQàM, les nouvelles frontières sont les langues, de Kerckhove juge cette idée dépassée d’une part par les intérêts marchands mais aussi par les régionalismes linguistiques existants. La notion de nouvel espace public sans frontières, global, se heurte, pour lui, quant à elle, à la souveraineté des États mais aussi à l’esprit même des réseaux.

4- Quelle est la responsabilité du citoyen dans la « cyberrépublique » (en référence à Platon) ?

Le cybercitoyen n’étant plus défini par son appartenance à un État local, quelle est donc sa responsabilité ? Ici, de Kerckhove s’appuie sur l’idée de Pierre Lévy qui propose de séparer la culture de l’État et de ne plus envisager l’État que comme une administration dégagée de tout favoritisme à l’égard d’une communauté ou d’une autre. Cependant, pour de Kerckhove, cette question doit surtout envisager la double identité du cybercitoyen, en cela qu’elle est désormais à la fois locale et globale. État de fait entrainant pour ce dernier une double responsabilité.

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