Résumé critique Zin 2006
Le principe de la démocratie participative veut que le vote ne soit plus le moyen d’expression privilégié, mais un des moyens. Pour Zin, il faut toutefois distinguer démocratie participative de démocratie directe. De façon imaginer, Zin nous explique que la démocratie participative doit s’inscrire en complémentarité de la représentation. Elle ne repose pas sur le simple fait d’être libre de parler tout le temps et n’importe où et n’est pas non plus simplifiable aux simples évènements ponctuels. Idéologiquement, la démocratie participative, c’est «la prise en main par les citoyens de leur propre destin !»
Zin nous dit, avec justesse selon nous, que l’important dans la démocratie participative n’est pas tellement de participer, mais bien d’être entendu. C’est pourquoi il amène l’expression «démocratie cognitive» plutôt que délibérative. Selon lui, la participation ne se justifie pas par la reconnaissance de l’intelligence de chacun, mais plutôt par la reconnaissance du contraire, et que justement, nous avons tant à apprendre les uns des autres. La solution pour lui n’est pas dans la technique, mais dans l’état d’esprit. Il s’agit de se reformer une société, aujourd’hui éclatée. Il propose une démocratie par projet, où ensemble pour la finalité collective, nous devons réapprendre à vivre ensemble et à travailler de concert dans l’atteinte de nos objectifs communs.
Zin souhaite rétablir la légitimité du citoyen comme objet du pouvoir et non plus comme caution du pouvoir, passant de l’électeur soumis à la loi au citoyen actif qui fait entendre sa voix. Zin amène même un devoir de résistance du citoyen, résistance au sens de revendication du droit d’exister individuellement, « en dialogue avec ses semblables.» Il ne faut pas se dresser les uns contre les autres en comptant les voix, mais «engager le dialogue pour arriver au consensus.» Zin propose ainsi, une véritable révolution de forme et de fond. Pour mettre en place une telle révolution, Zin pose l’élu comme ouvrier principal, dans la mesure où celui-ci retourne au service de la population et non plus le contraire. En effet, l’élu doit apporter les correctifs nécessaires aux institutions en place, aller chercher l’information pas seulement l’attendre. Il faut revaloriser les institutions locales et chercher l’intelligence collective. Mais il ne faut pas seulement mettre en place des institutions et des procédures, il faut assurer un suivi constant. «Il ne doit pas y avoir de paroles perdues.»
Ce billet de Zin est criant de révolution ! Sa lecture nous a ouvert à l’entendue du travail à faire pour atteindre cet idéal si séduisant, si profond de démocratie. Il nous a aussi montré à quel point nous sommes déconnectés de notre démocratie, à quel point nous l’avons laisser aller, la prenant pour acquise.