Résumé critique Moore 2010
Alfred Moore propose un survol du développement et de l’intégration des théories politiques aux sciences et aux technologies en s’appuyant, notamment, sur le livre Science in Democracy: Expertise, Institutions and Representation de Mark Brown (2009, MIT Press).
En bref, l’auteur en appelle à un approfondissement des réflexions politiques sur les rapports entre la science et la société. Selon lui, nous avons dépassé le temps de la critique de la technocratie, puisque la majorité des élites l’endossent et acceptent aujourd’hui l’idée de participation du public.
Si on peut être moins optimiste que lui sur cet aspect, l’auteur a certainement le mérite de mettre en évidence les faiblesses de la critique de la technocratie. En effet, comme le soulève Moore, montrer qu’il y a de la politique en science ne nous indique pas comment ou pourquoi y faire entrer la démocratie. Ainsi, selon Moore, des limitations existent sur le plan pratique : d’une part, peu de citoyens auront réellement accès aux espaces participatifs et d’autre part, la plupart des gens n’ont ni le temps ni le goût de participer aux prises de décisions techniques. Mais surtout, la critique de la technocratie a adopté le paradigme participatif d’emblée, sans réellement développer des positions analytiques pour le soutenir et sans se questionner sur la façon de le traduire dans la réalité. Moore conclut donc son texte sur une invitation à l’exploration critique et ouverte des idéals politiques possibles dans un contexte de démocratisation des sciences.