Résumé critique Marchildon 2004

De Démocratie.

Les entreprises font partie de la société. En ce sens, sont-elles des citoyennes ?

Bien sûr, une entreprise n'a pas de droit de vote, mais elle contribue et affecte manifestement le développement de la société dans laquelle elle s'inscrit. Que l'on parle d'environnement ou de conditions de travail, les activités d'une entreprise produisent des impacts sur la société. Ainsi, le texte de Marchildon nous amène à voir l'entreprise sous un angle plus démocratique.

Dans une analyse plutôt empirique, Marchildon, partant du principe de l'entreprise a une responsabilité envers la société, nous dit qu'il existe deux façons pour l'entreprise "d'être responsable": objectivement et subjectivement. La manière objective veut que l'entreprise respecte les obligations qui lui sont imposées. La responsabilité serait ainsi, celle de respecter les lois et les règlements édictés par des institutions externes à l'entreprise. Les tenants de cette forme de responsabilité soutiennent que les loi, parce qu'elles sont généralement le reflet de consensus sociaux, disposent d'une légitimité et d'une force morale importante. Le problème avec cet argument se trouve dans le fait qu'il existe aujourd'hui un décalage entre la volonté populaire et ce que les législateurs imposent comme obligation minimale. Ainsi, il y aurait dans la population un désir d'aller plus loin que ce que la loi prévoit.

L'avènement de codes déontologiques conçus plutôt en termes de communauté d’intérêts que de limites géographiques viennent, dans cette optique, ajouter des précisions aux lois en vigueur. Ces codes d'éthique édictés, le plus souvent par les associations d'organisations ou des regroupements professionnels sont, cependant, souvent adoptés pour des raisons «cosmétiques» plutôt qu’intégrés réellement dans la culture organisationnelle. Ainsi lorsqu'on se penche sur les motivations profondes des entreprises à se soumettre aux lois et à des codes d'éthique, nous trouvons alors les limites de la réelle prise de conscience sociale de ces acteurs importants de la société. Enfin, aussi importante que sont les lois, il n'en demeure pas moins que la voie objective, l'établissement de lois et de normes imposées par l'externe, peut entraîner un risque de substituer le concept de responsabilité par celui d'obéissance, ce qui dans une optique de citoyenneté n'est pas idéologiquement optimal !

La deuxième façon d'être responsable socialement est de l'être de manière subjective nous dit Marchildon. De cette manière, c'est de l'entreprise elle-même qu'émerge la responsabilité. Elle implique une prise en compte de l'entreprise des impacts qu'ont ses activités socialement, ainsi qu'une intégration dans son milieu. C'est idéologiquement, plus intéressant, mais concrètement moins facile à apprécier ou du moins à vérifier. Il existe également moins d'entreprise qui, de leur propre chef, voudront s'auto-réguler, en faire plus socialement. Bien sûr, nous savons que certaines entreprises développent des politiques de ressources humaines ou de service à la clientèle qui dépassent les standards, mais peu d'entreprise s'imposent des politiques de gestion environnementale ou des programmes de lutte contre la pauvreté. Ainsi, la conscience sociale des entreprises restent très limitée. Aussi le danger d'avoir à subir les effets d'activités qui vont contre les valeurs de la société reste bien présent. La recette du succès viendrait, selon l'auteur et selon notre opinion, de la complémentarité des deux manières, une heureuse balance entre de l'objectivité et de la subjectivité, entre ce que nous est imposé et ce que nous choisissons de faire par conscience individuelle.

Nous sommes d'avis qu'un parallèle intéressant peut être fait entre ces approches destinées aux entreprises et nos comportements individuels de citoyen. Ainsi, la qualité de notre société reposerait plus que jamais sur le volonté et la conscience de chacun de ses acteurs de contribuer au sain développement de la société.

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