Résumé Morel
Nous sommes en démocratie, le pouvoir revient au peuple, mais avons-nous réellement un pouvoir ou est-ce seulement une illusion ? Dans ce dernier cas, serions-nous manipulés par des élites pour x ou y raisons ? Le thème de la manipulation est récurrent en littérature, dans les films, à la radio ou encore dans les discours politiques. Stéphane Morel dans ce texte cherche à donner des éléments de réponse à cette question.
L’auteur tout au long de son texte ne se contente pas de réfuter cette thèse du complot, en fait, il s’exerce à donner les raisons de l’existence d’une telle thèse pour mieux la contredire.
Si le thème du complot est aussi vieux que les premiers systèmes politiques, l’avènement de la démocratie de l’opinion a donné selon l’auteur un nouveau souffle à ces thèses. Pour lui, le modèle critique de l’École de Francfort ainsi que les critiques de Pierre Bourdieu à l’égard des sondages et des médias nourrissent cette résurrection de ces théories du complot.
Cependant, bien que de nombreux éléments montrent que les médias ne sont pas objectifs, et que les sondages sont manipulés, l’auteur soutient qu’on ne peut pas parler vraiment de manipulation, pour une raison toute simple : le public n’est pas sans défense et la manipulation est limitée. L’auteur cite alors les travaux sur les effets limités des médias de Lazarsfled pour montrer cette capacité défensive du public. De même, si les sondages ont limité l’usage de l’espace public par la population, l’auteur soutient que les nombreuses manifestations dans la rue, ou encore l’action des lobbys permettent au peuple de s’exprimer et d’agir.
Stéhane Morel conclue en fait, que ces théories du complot, si elles ne sont pas fondées, sont quand même utiles pour certains acteurs. En effet, selon lui, elles servent à mobiliser les ressources politiques des acteurs qui se retrouvent en marge du système. C’est un peu le discours de David contre Goliathe.