Résumé McComas et Derville
La prise de décision collaborative s’inscrit dans l’optique du droit des citoyens à être impliqués dans les décisions les concernant. Ce concept s’applique aux organisations et aux institutions qui travaillent avec des publics externes dans un processus de prise de décision partagée. Les techniques utilisées par les communicateurs pour arriver à une décision concertée sont nombreuses et varient selon les publics ciblés : consultations publiques, comités consultatifs, sondages, négociations, référendums, etc. Le contexte et les objectifs de la mise en place d’un tel processus doivent être mûrement réfléchis et la question centrale doit toujours être : qui a le pouvoir de décision final ? On peut éviter ainsi les malentendus afin que l’expérience soit bien vécue et fructueuse pour tous.
Dans le cas des consultations publiques, les participants fournissent des informations, des commentaires aux organisateurs de la rencontre, qui eux, prennent la décision. Si de telles rencontres ont l’avantage d’être ouvertes à de nombreux participants, il reste que leur rôle dans la prise de décision est limité, ce qui peut créer de la frustration. De même, la question de la représentation des participants doit être prise en compte au delà de la simple participation : ceux qui seront touchés par la décision sont-ils présents ? Ces deux notions de participation et de représentation sont fondamentales même si elle sont parfois difficilement cumulables.
Mc Comas et Derville soulignent également l’importance des questions juridiques (Est-ce une obligation légale de tenir une consultation?), pratiques (la question débattue est-elle trop technique?), logistiques(choix du lieu, de la date, etc.) et philosophiques(Doit-on donner des incitatifs à la collaboration?), induites par ce processus. Bien organisée et correctement exécutée, la prise de décision en collaboration a pour avantage de réduire les conflits entre les organisations et les citoyens. Cela exige, toutefois, une reconnaissance du rôle que le pouvoir et le contrôle jouent dans la décision finale. En effet, pour les auteures, toutes les hiérarchies ne sont pas forcément enclines à collaborer avec leurs publics internes ou externes, et certaines préfèrent continuer de suivre un modèle élitiste dans la prise de décision.
Pour les auteurs, l'efficacité d’un processus tel que la prise de décision collaborative, s’évalue selon différentes variables : le nombre de personnes qui ont participé, le degré d'interaction entre les participants, l'équité des procédures, le fait que la décision soit considérée comme juste ou légitime par les participants, la satisfaction des participants à la décision, etc. Plus récemment, une plus grande attention a été accordée aux résultats à long terme plutôt que de considérer la collaboration comme un simple événement ponctuel, particulièrement dans la perspective les relations entre les organisations et leurs publics.