Résumé Blondiaux 2001

De Démocratie.

Cet article de Loïc Blondiaux a été écrit dans le contexte de l’adoption en 2001 en d’une loi visant à instituer des conseils de quartiers et ainsi renforcer la participation publique au niveau municipal. À cet effet, il rappelle ici le risque de vider de son sens le concept alors que l’écart entre les ambitions affichées par la démocratie participative, le peu de réalisations concrètes et leur hétéroclisme est flagrant. Il insiste sur le besoin de repréciser les termes de la démocratie participative qui, s’il rencontre une forme de consensus, n’en repose pas moins sur des notions floues.

Blondiaux nous propose donc de sortir de la polarisation habituelle entre démocratie participative et démocratie représentative et d’ainsi revenir à des notions telles que : la communication, l’interpellation, la délibération, la prise de parole, etc. Pour lui, il est primordial de rappeler que l’objectif des dispositifs participatifs est, avant tout, de constituer des espaces publics de discussion, et ce, indépendamment d’une redistribution des pouvoirs. C’est une perspective de délibération venant en complément de la démocratie représentative, plutôt qu’en concurrence, qui est proposée.

D’autre part, Blondiaux questionne la démocratie participative/délibérative sur trois points : sa représentativité, sa légitimité et son territoire.

Pour lui, la représentativité est un des enjeux de la délibération locale, car la prise de parole est intimement liée au degré d’intégration sociale. En ce sens, la restauration d’une certaine forme de représentativité sociale doit être, pour lui, un des préalables à la mise en place de dispositifs délibératifs. En ce qui concerne la légitimité, la question se pose, pour lui, dès lors que des compétences sont données aux instances délibératives mises en place. Sa solution pour éviter cet écueil serait de ne pas les institutionnaliser sur une longue durée, et de ne les consulter que ponctuellement et sur des points précis. Dernier risque pointé par Blondiaux, inéluctable selon lui, celui de l’enfermement dans une logique de proximité redoublant les égoïsmes, d’un repli sur soi et son territoire entrainant une concurrence entre les différentes instances. Pour lui, c’est à l’autorité politique légitime de composer entre ces intérêts et d’infirmer cette tendance à l’égoïsme.

Enfin, Blondiaux insiste dans son article sur l’importance de l’adaptation de la structure municipale traditionnelle à ces nouvelles instances. En effet, la concertation et la délibération avec les citoyens impliquent non seulement des dépenses en argent et en temps, mais aussi, une complexification de la prise de décision. Ainsi, la mise en place d’instances telles des conseils de quartier doit émaner d’une volonté politique réelle et sans faille, qui lui donne les moyens logistiques et financiers de se réaliser et qui implique un suivi régulier afin de ne pas nourrir frustration et ressentiment de la part des citoyens participants.

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