Résumé Bacqué
L’article de Bacqué, Rey et Sintomer situe l’émergence de la démocratie participative par rapport à la démocratie représentative et à la démocratie délibérative. Pour ce faire, les auteurs s’appuient sur les théories de Bernard Manin et de Loïc Blondiaux et terminent en donnant leur point de vue sur la question, en situant la démocratie participative comme un nouveau mode de gouvernance.
Selon Bernard Manin, les quatre dimensions de l’idéal-type du gouvernement représentatif seraient :
l’élection des gouvernants à intervalles réguliers; l’indépendance des gouvernants par rapport aux gouvernés dans la prise de décision; réciproquement, l’autonomie de l’opinion publique par rapport aux gouvernants; le fait que les décisions politiques sont prises après être passées à travers l’épreuve de la délibération publique.
Selon cette vision des choses, le gouvernement représentatif serait un régime mixte, partiellement oligarchique, les élus ayant le pouvoir de décision, et partiellement démocratique, car les citoyens peuvent exercer des pressions sur les élus par l’opinion publique. Selon les auteurs, il serait juste d’affirmer que la démocratie participative renforce la dimension démocratique des gouvernements représentatifs. Ils ajoutent une cinquième dimension à la définition du gouvernement représentatif : les gouvernés peuvent exercer un certain contrôle sur les gouvernants.
Pour sa part, Blondiaux présente un modèle qui s’appuie sur l’émergence d’une démocratie délibérative. Il fait de l’espace public, selon le point de vue de Habermas, le point central de l’espace délibératif et le cœur de la société politique. En fait, il fusionne l’opinion publique et la délibération. De ce point de vue, le moment démocratique par excellence n’est donc plus l’élection, mais la formation de l’opinion publique.
La définition de la démocratie participative se trouverait à mi-chemin entre ces définitions, soit : l’articulation des formes classiques du gouvernement représentatif avec des procédures de démocratie directe ou semi-directe. Ce concept permet l’intégration d’un quatrième pouvoir, celui des citoyens qui participent à la prise de décision.
Les auteurs terminent en affirmant que jamais au cours de l’histoire les démocraties n’ont été pures et entières selon les quatre dimensions de Manin, les gouvernants subissant des influences et des pressions de toutes parts. Plutôt que de la percevoir comme un quatrième pouvoir, celui des citoyens, les auteurs définissent la démocratie participative comme une des variantes d’un nouveau modèle de gouvernance.